Fiche de l'ouvrage

Indemniser les planteurs pour abolir l'esclavage ?

Auteur : 
N° d'édition : 
Marque : 
DALLOZ
Collection : 
Parution : 
Mars 2013
ISBN : 
978 2 247 17592 5
Prix ouvrage papier : 
64€ TTC
Sommaire

I. Introduction
II. L’indemnité : une question au coeur d’un débat démocratique
III. Entre légalisme et humanisme : indemniser pour exproprier ?
IV. La dimension économique et sociale de l’indemnité : indemniser pour secourir ?
V. La dimension politique d’une indemnité : indemniser pour s’assurer de la collaboration coloniale ?
VI. Le coût de l’indemnité
Conclusion. L’indemnité, une question à multiples facettes
Annexes
Index des noms propres
Index alphabétique
Tableaux, encadrés et graphiques
Table des matières

Présentation

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les demandes de réparations pour torts historiques se multiplient.

Accordées dans leur grande majorité par des Etats, ces réparations peuvent être de trois sortes : « matérielle » (restitution d’oeuvres d’art, de squelettes d’ancêtres …), « symbolique » (excuses, enseignement scolaire, lieux et jour de commémoration …) et « financière » (montant pécuniaire).
La « bonne volonté » des compensateurs s’explique par le fait que la « moralité », la respectabilité d’un Etat ou d’une entreprise bénéficient d’une attention croissante de l’opinion. Ces demandes font écho à une pratique répandue au 19e siècle, et pourtant largement méconnue. Si l’octroi de réparations en faveur de ceux qui se présentent comme des victimes de la traite et de l’esclavage fait aujourd’hui débat, des indemnités sont bel et bien accordées suite aux abolitions dans le Nouveau Monde. Censées dédommager les victimes d’un préjudice subi, elles ne sont pas accordées aux esclaves, mais à leurs propriétaires, alors considérés comme la partie lésée.
Si l’octroi de dédommagements aux planteurs apparaît aujourd’hui comme incongru – voire choquant – il s’agit d’un phénomène présent dans une majorité de processus abolitionnistes dans les Amériques. Cette constatation soulève nécessairement un certain nombre d’interrogations.

Comment les contemporains justifient-ils l’octroi d’une indemnité aux planteurs ?
Quels sont les arguments en faveur ou en défaveur d’une mesure qui apparaît aujourd’hui si contestable ?
Pour quelles raisons certains gouvernements coloniaux d’Europe (France, Grande-Bretagne, Suède, Danemark, Pays-Bas, Espagne) ou nations souveraines d’Amérique (Haïti, Amérique latine, Etats-Unis, Brésil) imaginent-ils des formules d’indemnités et d’autres pas ?

Si ces questions se posent naturellement, elles n’ont que trop rarement retenu l’attention des spécialistes des abolitions de l’esclavage jusqu’à présent.
L’étude globale du phénomène de l’indemnisation des propriétaires d’esclaves dans son intégralité et dans son hétérogénéité par l’examen de ses objectifs, de ses enjeux, ainsi que de son coût pour les Etats concernés, constitue par conséquent l’ambition de cette recherche.

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